Independent MUSICAL/CULTURAL/DIGITAL Directory in Montreal

MEM&…

Mononc’Serge

par Léna & Toma
Derrière ce sourire se cachent deux Serge: « Il y a une différence entre moi sur scène et dans la vie... Quand j'arrive sur scène ou que j'écris, c'est la récréation, tout est permis. »

Derrière ce sourire se cachent deux Serge: « Il y a une différence entre moi sur scène et dans la vie... Quand j'arrive sur scène ou que j'écris, c'est la récréation, tout est permis. »

Rangé dans la vie, dérangé sur scène, entre Serge Robert, d’une nature discrète en privé et Mononc’Serge, explosif derrière son micro, Memoz a convoqué les deux Serge pour une explication. Portrait d’un métalleux pas si débauché que ça.

Retardé par un plombier, le chanteur finit par débarquer au Croissant de Lune, où il a donné rendez-vous au Memoz, chemise, short et sandales, décontracté. « C’est un peu par habitude que je viens ici, mon garçon va à la garderie pas loin, le studio où j’enregistre et la bibliothèque sont à côté. »

Et oui, les préoccupations de Serge Robert sont loin de celles de Mononc’Serge, qui lui, ne pense qu’à la bière, à la gente féminine et aux sorties nocturnes. « Je sors très peu. Depuis que j’ai un petit garçon, je suis plus casanier. Je vais plutôt au cinéma. C’est peut être parce que je fais de la musique. Dans un spectacle, je regarde toujours les fils, les techniciens, les moniteurs, c’est plus difficile de tomber dans la magie du spectacle. Pendant mon temps libre, je m’occupe de ma maison, mon garçon, mon business, puis toutes les conneries, le ménage, l’épicerie. Les fins de semaine, je fais des spectacles. Le reste de la semaine j’ai la tête dans le cul ! »

À l’heure où les festivals pullulent, Serge confie « je n’aime pas voir les spectacles dehors, je dois être rendu trop vieux, j’suis écoeuré, j’ai mal dans le dos, dans les jambes, j’ai hâte que ça finisse pour aller m’assoir ! » Rien à voir avec l’image du déchaîné Mononc’ Serge qui crie et gesticule sur scène.

« Contrairement à ce que les gens pensent, je ne suis pas un soûlon toujours en train de boire de l’alcool puis de prendre de la drogue. Je peux avoir une bière et donner l’impression de toujours boire, mais en fait, je sirote une bouteille pendant l’heure et demi que dure le spectacle. Et je ne bois qu’au travail », précise-t-il en riant.

Les préoccupations de Serge Robert sont loin de celles de Mononc'Serge: « Contrairement à ce que les gens pensent, je ne suis pas un soûlon... je ne bois qu'au travail. »

Les préoccupations de Serge Robert sont loin de celles de Mononc'Serge: « Contrairement à ce que les gens pensent, je ne suis pas un soûlon... je ne bois qu'au travail. »

Deux Serge qui finalement ont peu de choses en commun. « Il y a une différence entre moi sur scène et dans la vie. Je n’ai jamais pensé Mononc’Serge comme un personnage, mais dès que j’arrivais sur scène, j’agissais comme ça, pis j’étais toujours plus démonstratif, alors qu’en privé je suis assez effacé et je ne prends pas beaucoup de place. La pression me pousse à vouloir être divertissant, provocateur, ce qui m’amuse. C’est un exutoire, parce que dans la vie, je suis poli, rangé, vraiment plate. Quand j’arrive sur scène ou que j’écris, c’est la récréation, tout est permis. »

Le métal est venu chercher le musicien, plutôt que l’inverse. « J’ai fais du métal sur un concours de circonstances. J’ai écouté un peu de métal ado, du genre commercial comme Iron Maiden, car je trouvais Metallica trop heavy. J’ai commencé à écrire de la musique heavy sous l’influence des musiciens avec qui je travaillais. En 97, je jouais avec Olivier Langevin. J’allais voir des spectacles de mes amis, et j’ai fini par aimer cette espèce de pesanteur et de côté trash, sale. »

Jusqu’à la fin de l’année, Mononc’ Serge tourne avec Anonymus pour la promotion de leur dernier album créé en commun, Musique Barbare. « Le prochain disque ne sera probablement pas avec eux, j’aimerais revenir à quelque chose de carrément acoustique pour reposer mes tympans, dit-il en riant. Mais même seul avec ma guitare, je garde ce côté agressif. J’ai commencé il y a deux semaines à jeter des idées sur papier. »

Malgré ses nombreuses occupations, Serge n’a pas prévu de souffler pour prendre quelques jours de vacances. « Faire du tourisme ça ne m’intéresse pas. J’aime voyager, pour faire des tournées, mais arriver quelque part, puis n’avoir rien d’autre à faire que visiter des châteaux pis des sites naturels, ou encore pire m’asseoir à la plage, au Mexique, sur une chaise longue avec la Piña Colada, alors là… »

Tous les commentaires seront modérés. Commenter est un privilège, pas un droit. Les commentaires constructifs seront appréciés.