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MEM&… Misstress Barbara

Entrevue par Toma & Mela

L’évolution de Misstress Barbara n’a pas fini de nous surprendre. La DJ sicilio-montréalaise, maître incontestée des tables tournantes a accepté de rencontrer le MEMOZ durant son passage au festival de Jazz de Montréal, pour parler de son aventure en terrain inconnu; celui de la chanson.

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Misstress Barbara, en concert au Club Soda, le 4 juillet 2010 au FIJM

Avant d’intégrer la scène électronique, Barbara Bonfiglio était adepte du rock des années 70, de Led Zeppelin et des Beatles. Son premier band en était un de heavy metal et ce n’est pas par hasard si elle y jouait la batterie. « Les percussions, c’est mon instrument. J’ai même joué du snare dans une fanfare pendant des années. J’ai du rythme et ça paraît dans mes compositions » nous confie-t-elle avec fierté.

Puis, DJ Misjah lui a fait découvrir le monde du clubbing et de la danse. Initiée au mixage à 20 ans, elle s’est mise à composer un an plus tard. «C’était du techno très hard, à la limite du linéaire. C’était des tracks faits pour être jouées deux ou trois en même temps, presque des outils pour d’autres DJ ».

Depuis 1996, Misstress Barbara tourne sur les cinq continents. Elle a collaboré avec plus grands labels techno (Tronic, Rotation, Strive et In-Tec) et s’est bâtie une solide réputation internationale. En 2009, lors du lancement de l’opus I’m no Human, c’est une auteure-compositrice-interprète et non plus une DJ qui s’adressait à nous.

Elle en parle comme de son premier « vrai » album;

« Les DJ lancent des compilations de tracks de plus de huit minutes avec des intros qui n’en finissent pas. Pour moi, un vrai album a une histoire, un fil conducteur, quelque chose de plus personnel et d’introspectif. Ça prend beaucoup de temps et c’est très différent que de composer des sets pour faire danser. »

Qu’est ce qui t’a poussée à prendre ce virage?

« J’avais déjà composé quelques morceaux instrumentaux qui manquaient de structure. Parallèlement, mon père est décédé, ce qui m’a poussé à écrire un premier poème. L’exercice m’a fait un tel bien que je me suis mise à en écrire sur plein de sujets. Dès que j’étais frustrée ou que j’avais peur, j’écrivais, sans même savoir que j’en ferai des chansons. Je me suis retrouvée submergée de poèmes et l’idée de les marier aux mélodies m’est venue… Ça a donné l’album. Il y a eu des ajustements à faire. Parfois je sentais le besoin d’ajouter des paroles, parfois de rallonger la musique. C’est une manière très intéressante de travailler. »

As-tu un peu peur de déplaire à tes fans de longue date en changeant de style?

« Je me suis déjà laissée blesser profondément par ce qu’on disait de moi. Certains puristes du milieu n’aiment pas mon évolution. On a traité mon travail de merde sur des forums jusqu’en Europe lorsque j’ai délaissé la techno hard pour faire de l’électro plus minimal. Alors, lorsque j’ai décidé de me lancer dans la chanson, j’ai décidé que j’évoluerai librement en me foutant de ce qu’on en penserait. Les gens sont ignorants et tu ne peux pas te fier sur des puristes pour évoluer. En tant qu’artiste, j’ai besoin d’avancer. »

On peut donc dire que c’est l’album le plus libre que tu aies fait? Un album pour te faire plaisir?

« Tout à fait! Et j’ai été chanceuse de le réaliser ainsi. Le deuxième que je sortirai sera tributaire des expériences acquises lors du premier. Donc en un sens, il sera moins libre, mais probablement plus mature. »

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Pour évoluer vers la chanson, Misstress Barbara a dû trouver sa voix.

Avec le recul, quel bilan en dresses-tu ?

«  J’ai énormément appris! Je ne suis pas chanteuse de nature, j’étais satisfaite de mes paroles, mais je connaissais mal ma voix. J’ai chanté d’un ton beaucoup trop bas sur les pièces Four on the floor ou sur I’m no human. J’ai réalisé, par après, que je chante plus grave sur ces chansons que je ne parle dans la vie courante. Maintenant, je sais que j’ai une belle couleur de voix, mais plus haut, en me laissant davantage aller. Vous verrez, déjà en live, je chante différemment. »

Justement, la dynamique live doit être très différente de celle de DJ… non?

« Oui, je suis accompagnée d’un claviersite, Mathieu Dubus, et d’un bassiste, David Jalbert , je chante, je joue du clavier et de la guitare, c’est très différent de mixer. J’adore être avec mes musiciens même si c’est pour prendre l’autobus plutôt que l’avion. C’est une manière de sortir de la solitude du métier de DJ. Comprenez que ça fait quatorze ans que je me promène toute seule et qu’on me propose de faire des shifts impossibles du genre 5 à 7… enfin, pas les 5 à 7 avec la bière à moitié prix, mais plutôt le matin… lorsque ce sont les pilules qui sont à moitié prix… (rires) »

Misstress Barbara gère les deux univers; les DJ sets, principalement axés sur un public international et le groupe de Girl on a Ducati, qui roule principalement au Québec et en Ontario. « Parfois, mes fans mélangent les deux, ils sont habitués à ce que je les fasse danser. Ils viennent me voir avec le Girl on a Ducati et sont surpris d’entendre une mélodie douce comme Etna. Ou, au contraire, ils viennent voir un DJ set et me demandent de leur mettre I’m running… il s’agit de deux projets bien distincts. »

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Le Club Soda n’était pas rempli, le soir du 4 juillet, pour son spectacle avec Girl on a Ducati, mais le public présent a su compenser par son enthousiasme. La performance de l’auteure-compositeure a été bonifiée par plusieurs surprises de taille : Après la reprise fiévreuse de Dance me to the End of Love de Leonard Cohen, Sam Roberts est apparu pour accompagner la chanteuse sur le magnifique air de I’m running et les Random Receipe ont fait une apparition-surprise. Les fans ont également été ravis de voir le spectacle s’éterniser avec des covers tels que Shout de Tears for Fears et Come together des Beatles.

Ceux qui préfèrent encore entendre Misstress Barbara en DJ set auront la chance de la capter le 5 septembre prochain, au Parc Jean-Drapeau, dans le cadre des Piknic electronik… le MEMOZ y sera!

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À gauche, Mathieu Dubus aka Matai aux claviers, au centre, Misstress Barbara, à droite, David Jalbert à la basse lors du concert du FIJM2010

http://www.iturnem.com/misstressbarbara.htm

http://www.myspace.com/misstressbarbara

http://www.piknicelectronik.com/fr/artists/32-misstress-barbara

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