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MEM& … Clément Jacques

ITW par Gabriel & Carine

C’est par un vendredi calme et ensoleillé de début mars que Clément Jacques et sa verve sont entrés dans nos vies. Le genre de journée où tout semble tourner rondement pour tout le monde. On lui avait donné rendez-vous au Café-Buanderie Blanc de Blanc, à trois pas de chez lui. Rencontre avec un disciple de la spontanéité et de la simplicité.

CS

-Tu bois quoi là?
Clément Jacques se raconte avec candeur. Profiter de la gentillesse d’un chauffeur de bus lorsqu’on réalise devant lui qu’on a oublié sa monnaie, se réconcilier avec un membre de l’autre sexe et sortir gagnant d’une rencontre professionnelle, tout ça dans la même matinée, ça commence généralement assez bien une journée. La poursuivre en s’initiant pour la première fois au thé Chai, c’est définitivement signe d’une excellente journée.

Ce que sa page personnelle sur le site d’Audiogram vous apprendrait, c’est que le Saguenéen roule sa bosse depuis un moment déjà au Québec, qu’il a un album en anglais à son actif et qu’il a effectué des stages d’écriture à Los Angeles.
Ce qu’une encyclopédie vous apprendrait, c’est que Jacques Clément était un moine dominicain du XVIe siècle ayant fait vœu de pauvreté, d’obéissance, mais pas de stabilité. Un portrait typique d’artiste?

Son côté religieux se reflète assez clairement et sur Consumed and guilty, paru en 2009. Des textes lourds de sens, des musiques légères, des airs de « feux de camp » folk, entremêlés de mélancolie et d’appels.
Pourtant, quand on essaie d’aborder le sujet, l’huître qui s’ouvrait tranquillement se referme. S’il affirme être prêt à défendre bec et ongles son premier effort, une étape qu’il ne pourra jamais regretter, le temps est venu pour Clément Jacques de passer à autre chose. Alors nous aussi on passe.

Beaucoup de projets, à venir (?), des idées qui ont de la suite et surtout une envie d’écrire, en français cette fois.
La soul est différente, les sons plus vastes. Pour le premier album, les mots étaient sortis en anglais, mais là c’est en français que ça vibre. « Un peu comme dans les musiques grégoriennes, d’ajouter le chanteur. Écrire en français, c’est un nouveau trip, différent, qui sort surtout quand on s’y attend le moins. Le soir en se couchant, les idées fusent de toutes parts, parfois après avoir vainement tenté de s’y atteler toute la journée. »
Il souhaiterait aussi assurer un peu plus de contrôle sur ce qu’il produit, son côté old-school loin de la technologie lui joue parfois des tours. Il s’est récemment mis au portable pour composer. «Ça permet d’être vraiment plus productif et surtout c’est tellement plus rapide quand le flot surgit. On peut couper, déplacer, virer les choses à l’envers, ou encore tout effacer et recommencer.»
Ne pas se prendre la tête, se faire plaisir, sortir le côté spirituel du processus créatif pour se le garder tout à lui. Ne pas trop se poser de questions et laisser faire la vie et les rencontres.

Quand il confie que son trip c’est le public, on le croit. Il carbure aux échanges et aux rapports honnêtes qui se dégagent des concerts live. Si en plus, le tout peut se dérouler avec le sourire figé aux lèvres grâce à ses chansons ou ses blagues loufoques, alors il pourra continuer à s’affirmer pas mal chanceux dans la vie. Sinon, il s’en retournera chez lui, dans ses terres saguenéennes, pour y cultiver des « pensées ».

On s’entend que nous, on est sortis pas mal comblés par cette belle rencontre d’après-midi ensoleillée, et s’il nous faut avouer que certains artistes sont parfois mal-à-l’aisant, à l’opposé il y a Clément Jacques, un gars simple qui a de la suite dans les idées, mais surtout qui aime vivre.

Allez, on le conseille d’abord !

http://www.myspace.com/clementjacquesmusic

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