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Gaetan Roussel aux Francos !

MEMChro par Mélanie

Gaëtan Roussel & Co. Attaquent !
Gaëtan Roussel, la gouaille de Louise Attaque et Tarmac vient présenter à Montréal son premier album solo. Retour sur un show qui a mis le feu au Club Soda.

CS

Les Francofolies ont déjà commencé ! Le déplacement des Francos au cœur du mois de juin assure une présence du festival en dehors de la concurrence des festivals internationaux d’été. Un rapide coup d’œil dans la programmation des Francos suffit en effet pour comprendre que cette 22è édition fait la part belle aux cousins français.

Gaétan Roussel a donc ouvert ce bal francophile avec toute son armada de musiciens venue battre le plancher du club Soda vendredi 11 juin. Gaétan Roussel c’est pour beaucoup la voix nasillarde de Louise Attaque puis celle de Tarmac un peu adoucie mais toujours à fleur de peau. Une voix qui a bercé toute une génération élevé aux incontournables tubes que sont : Léa, Les Soirées Parisiennes et J’temmène au Vent. C’était il y a 13 ans.

Le sourire campé sur les lèvres tout le long du concert :
Gaétan Roussel se sent à l’aise, soutenu car même si la salle n’est pas pleine à craquer le public l’acclame dès son arrivée. Il ne se fait pas très bavard et préfère ravir son public en enchaînant les tounes sautillantes de son premier album, Ginger,véritable bijou sorti en mars dernier : Tokyo , Inside / Outside, Le tempo ralentit parfois pour laisser place au sentiment pur dans Dis moi encore que tu m’aimes et Se souvenir des Belles choses pour clore le deuxième rappel.

Malgré un album très pop-folk, la version concert de Ginger sonne évidemment plus musclée avec une armée de huit musiciens qui donnent un ton très rock à la prestation : une basse massive, deux guitares et deux batteries notamment. Pourtant, la prestation étonne par une fraîcheur à laquelle le musicien ne nous avait pas habitué. Alors que le dernier album de Louise Attaque annonçait quelques pérégrinations électroniques insoupçonnées, le musicien assume désormais complètement les nappes électroniques et autres effets vocaux « punchy » en anglais ou onomatopées. Par ses récentes collaborations depuis 2008 (Bashung, Paradis, Taha etc.) l’artiste témoignait d’une reconversion prometteuse en passe d’éclater au grand jour.

Doté d’un rare sens artistique
Roussel a toujours su s’entourer des bonnes personnes autant dans la production à Paris (Julien Delfaud de Phoenix) et à New-York ( Tim Golsworthy de LCD Soundsystem) que sur la scène.

Aucune faute de goût n’est à déplorer.
Le groupe parvient à électriser le club Soda avec son single « Help Myself », qui sera repris une seconde fois pour un ultime rappel (le troisième) devant un public conquis. Pourtant, malgré le beat accrocheur et la voix un peu plus pop (moins nasillarde), Gaétan Roussel porte un regard ultralucide et critique sur la société.

Un regard qui se fait parfois spirituel:

«Sans prendre le temps de s’arrêter

Nous ne faisons que passer dans l’ombre sous la lumière.

Nous ne faisons que traverser des océans, des déserts. »

Malgré l’amertume du texte, le refrain est repris par un public enthousiaste et agité. Le tour de passe de Gaétan Roussel est de parvenir à faire groover des textes très mûris.

Pour la composition de son premier album Ginger, Roussel a choisi de frapper aux bonnes portes en privilégiant ses affinités avec une production underground . De quoi offrir au public de bonnes surprises comme l’arrivée de Gordon Gano en milieu de concert. Le chanteur culte de Violent Femmes, qui apparaît le temps d’une chanson offre une prestation phantomatique dans un habillage vert menthe à l’eau pour une reprise de Here comes trouble.

Contrairement à la plupart des groupes éponymes, il ne s’agit pas d’un chanteur « accompagné » par des musiciens mais plutôt d’un collectif dans lequel chacun prend sa place librement ajoutant un brin de folie à la prestation. La théâtrale France joue au chef d’orchestre tandis qu’Antoine et Clément se lancent dans un duo fiévreux au cours duquel le batteur martèle les cordes de la basse de son ami Les plaisanteries fusent sur un ton vachard qui révèle une belle complicité entre les musiciens. Après une reprise du célèbre des Talking Heads, le groupe revient cet été fois-ci pour accompagner la voix du bassiste dans une dernière salve d’amour.

http://www.gaetanroussel.com

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