Independent MUSICAL/CULTURAL/DIGITAL Directory in Montreal

MEM&…Tomas Jensen

ITW par Émeline & Toma

À Montréal, Tomàs Jensen pourrait se passer de présentation. Débarqué en 98, à la suite de longues errances à l’étranger, il a semé ses airs et sa poésie aux quatre coins du Québec. Il est devenu, au fil du temps, un visage familier et reconnu du paysage musical underground. Douze ans et six albums plus tard, il nous présente son nouveau groupe, Hombre, plus mature, plus latin et plus rock que jamais.

CS

Tomàs Jensen, quelques jours avant le lancement du premier album de Hombre

Le groupe existait déjà en partie, puisqu’il s’agit des mêmes musiciens que ceux qui accompagnaient Jensen sur son album solo «Quelqu’un d’autre» (François Richard, Martin Lizotte et Benjamin Vignault). On ne change pas une formule gagnante, mais on peut toujours la bonifier. Pour obtenir le son rock-latin recherché, il manquait un guitariste électrique (Maxime Audel-Halde) et une choriste charismatique (Margot Czaperski).

«Il fallait absolument une présence féminine, autant pour un timbre de voix complémentaire que pour le niveau visuel, au niveau du show. Ça change vraiment la dynamique d’un spectacle» explique Tomàs, rencontré autour d’un café, accompagné par la choriste en question. Margot, qui n’en est qu’à ses débuts, assure, sur scène, un rôle d’avant-plan avec l’énergie d’une véritable rock star.

aJENSEN 118mem

Le groupe Hombre lors du lancement de leur premier album

Hay que subir, l’Opus prématuré
L’album Hay que subir a été produit en quelques mois, alors que personne ne l’attendait. Cinq chansons avaient été préalablement écrites pour un projet en collaboration avec Yvo Abadi (batteur de Tarmac et d’Amadou et Mariam) intitulé Boca, qui n’a finalement jamais vu le jour, faute de producteur. « Je l’ai fait écouter à mes musiciens, et je leur ai proposé de monter quelque chose là-dessus… En un mois, on avait une maquette et en quatre mois, l’album était presque prêt» se rappelle fièrement Tomàs.

Les gros médias ont étonnamment bien répondu à l’appel et les demandes d’entrevue ont fusé de toutes parts dès l’annonce de la sortie du disque. Fait rare d’ailleurs, Olivier Robillard Laveaux, critique de disques au journal Voir, a même décerné quatre étoiles à l’album. « Je n’ai jamais obtenu quatre étoiles! s’exclame Tomàs, On ne m’a jamais accordé autant d’attention qu’avec Hombre! Je ne crois pas que tout seul je puisse attirer autant! ».

Retour aux origines latines
L’album dissimule, en fait, un rêve que les membres du groupe caressent ensemble; celui d’une tournée dans les pays hispanophones. « Je n’ai encore jamais tenté l’expérience et l’idée m’excite beaucoup, l’Argentine et le Brésil en tête. »

L’espagnol et le portugais sont plus présents sur Hay que subir que sur n’importe quel autre album de Tomàs. Si ce n’est d’une reprise de Gainsbourg, Jensen le chansonnier français s’éclipse, laissant tout l’espace à des airs de punk-rock-ska-reggae délicieusement latins. « J’aime beaucoup voir le public hispanophone réagir aux paroles. Ça arrivait parfois devant certains publics avec les Faux-Monnayeurs, mais j’ai envie que ça arrive plus souvent » avoue Tomàs.

L’auteur-compositeur compose aussi bien en espagnol qu’en portugais, deux langues cousines, mais avec lesquelles il n’exploite pas nécessairement les mêmes gammes d’émotions: «La langue portugaise est plus imagée, poétique, les sens, les sonorités ont plus d’importance. À l’inverse, lorsque j’écris en espagnol le résultat est plus rythmé, humoristique et terre à terre. Je crois que c’est mon côté argentin qui ressort en espagnol».

Des influences variées qui ne se résument pas à la Mano
Hombre est sans cesse comparé à la Mano Negra. Il y a une similitude, reconnaît Tomàs mais « des groupes de rock latin, on n’en connait pas 150 mille! L’influence de la Mano Negra est certaine, mais pour être honnête je n’ai aucun de leurs albums chez moi. J’ai davantage été influencé par des groupes qui ne font pas partie des références culturelles montréalaises, et qui sont inutiles aux journalistes pour nous décrire: Lenini, les Fabulous Troubadours, Bersuit Vergarabat, Masilia Sound System, ceux-là m’ont bien plus influencé que la Mano »

« Il y a à peine trois ans, j’étais réfractaire à l’univers hip hop ou à l’électronique, mais j’ai fait des découvertes qui m’ont renversé. Je me suis mis au rap, au dancehall en passant par le dub et la drum n’ bass: Cypress Hill, High Tone, Black Eyed Peas, Java, Dj Click… Je suis devenu fou avec toutes ces découvertes et ça a certainement influencé Hombre »

Tomàs et Margot sont également sous l’influence de groupes de chez nous. Les reggaemans Raw Sugga, les brésiliens Forrotimo ou encore Jeanne Rochette, tous installés à Montréal, font partie des coups de cœurs musicaux du couple.

Fiesta estivale, introspection hivernale
L’été s’annonce chaud pour Hombre; « On va commencer par des répétitions et on va tourner tout l’été. C’est incroyable! Avant même la sortie du disque, on a déjà plein de dates de signées. On ne peut pas encore toutes les dévoiler, entente de confidentialité oblige, mais je vous donne un indice; gros festival à Montréal… allez deviner! »

Tomàs rappelle également que sa carrière solo n’est que sur la glace. Car, malgré la folle aventure de Hombre, il a bien l’intention de continuer à écrire pour lui-même, des textes posés, introspectifs et personnels. Si bien qu’un nouvel album solo serait déjà en route pour fin 2010, dans les meilleurs délais. « Un album plus minimaliste, artisanal et francophone enregistré chez moi et qui ressemblera d’avantage au style de « Quelqu’un d’autre » » confie Jensen au MEMOZ.

En attendant l’œuvre d’introspection hivernale, on rejoindra Hombre pour faire la fiesta un peu partout au Québec durant l’été… Certaines dates sont connues; 10 juillet à la Place d’Youville au festival d’été de Québec, 7 août à Saint-Bruno ou le 17 août à Gatineau. Pour ce qui est de Montréal, il faudra attendre le dévoilement officiel, Spectra n’aime pas beaucoup les fuites… oups!

http://www.myspace.com/tomasjensen

aJENSEN 149mem

Le groupe Hombre lors du lancement de leur premier album

Tous les commentaires seront modérés. Commenter est un privilège, pas un droit. Les commentaires constructifs seront appréciés.